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Ce qu’on ne publie pas, et pourquoi
Documenter le football amateur veut dire documenter des gens, dont des mineurs. Voici les règles qu’on s’est données, ce qu’un joueur peut exiger, et pourquoi c’est une contrainte de conception plutôt qu’une page juridique ajoutée après coup.
Par la rédaction · publié le · 3 min de lecture

Il y a une phrase confortable qu’on entend souvent à propos des données sportives : « de toute façon, c’est déjà public ».
Elle est fausse, et s’appuyer dessus serait une erreur. Une donnée publiée par une instance dans un contexte donné ne devient pas, par ce seul fait, librement republiable partout et pour toujours.
Voici ce qu’on fait à la place.
Le principe de base
On publie des faits sportifs, pas des personnes.
Un but, une composition, un temps de jeu, un classement sont des faits sportifs. Ils décrivent ce qui s’est passé lors d’une compétition organisée.
Une adresse, un numéro, une situation personnelle ne sont pas des faits sportifs, et n’ont donc aucune raison d’apparaître.
Les mineurs
C’est le sujet le plus sensible, et il mérite d’être traité pour lui-même.
Un joueur mineur est identifié comme tel, et son traitement diffère de celui d’un adulte. Il ne s’agit pas d’un réglage d’affichage : c’est une contrainte qui remonte jusqu’à la façon dont les pages sont générées et indexées.
Ce qu’un joueur peut demander
Trois droits, et ils sont effectifs, pas théoriques.
Ne plus apparaître. Un joueur peut demander à ce que son nom soit retiré. Sa fiche cesse d’être accessible, et il apparaît de façon anonyme partout ailleurs : compositions, classements, effectifs. Les faits sportifs collectifs restent, la personne disparaît.
Faire corriger. Une donnée fausse se corrige, et la demande n’a pas à être justifiée.
Savoir ce qui est enregistré. La politique de confidentialité du site décrit les traitements.
Ce qu’on ne fait pas, par choix
Pas de données de performance sur des mineurs mises en avant nominativement dans des formats de type classement individuel promotionnel.
Pas de commentaires ni de notation par le public sur des personnes. Une plateforme qui permet à des anonymes de noter des joueurs amateurs devient, en quelques semaines, un outil de harcèlement de vestiaire. La question ne s’est même pas posée.
Pas de revente de données personnelles. Ce n’est pas un modèle économique envisagé, et l’écrire ici est plus engageant que de le laisser implicite.
La partie inconfortable
Il faut être honnête sur un point : ces règles coûtent quelque chose.
Elles coûtent du trafic, parce que des pages qui existeraient n’existent pas. Elles coûtent du temps de développement, parce qu’il faut vérifier chaque surface plutôt qu’une seule. Elles coûtent des fonctionnalités qui seraient populaires.
Pourquoi c’est une contrainte de conception, et pas une page de conditions
Parce qu’une règle de confidentialité ajoutée à la fin ne tient jamais.
Si le système est conçu en supposant que tout est publiable, et qu’on ajoute des exceptions ensuite, chaque nouvelle fonctionnalité rouvre le trou. Les exceptions se perdent, une surface est oubliée, et personne ne s’en aperçoit avant que quelqu’un se plaigne.
Si la contrainte est posée au départ, elle est portée par le modèle de données, et les nouvelles fonctionnalités en héritent sans qu’on ait à y penser.
C’est plus lent au début. C’est la seule chose qui tienne à l’échelle de plusieurs centaines de milliers de fiches.
Documenter le foot amateur, c’est documenter des gens. Ça se mérite, et ça s’encadre avant, pas après.
Si tu es concerné
Un joueur, un parent, un dirigeant qui veut une correction ou un retrait écrit, et la demande est traitée. Le lien de contact est en bas de chaque page, et la politique de confidentialité du site principal détaille la procédure.
Une demande n’a pas besoin d’être motivée. C’est la règle, et elle s’applique.